Dr. Dalal Samir DANOUN
Résumé:
La présente étude analyse les manifestations de l’insécurité linguistique dans douze séances de mathématiques filmées et enregistrées dans des lycées privés et publics libanais. En s’appuyant sur un corpus de transcriptions annotées selon les types d’alternance codique — micro-alternance, méso-alternance et macro-alternance — et les fonctions langagières qui leur sont associées, cet article montre que la coexistence structurelle de l’arabe dialectal libanais et du français dans la classe de mathématiques génère des formes d’insécurité linguistique à la fois chez les apprenants et, dans une moindre mesure, chez les enseignant·e·s. Si la répartition quantitative des alternances est remarquablement constante d’une séance à l’autre — le discours mixte dominant entre 62 % et 75 % des tours de parole, et l’alternance terminologique mathématique (AC-MATH) entre 48 % et 62 % — des variantes qualitatives significatives sont observées selon le type d’établissement, le contenu mathématique traité et le profil sociolinguistique des locuteurs.
Abstract :
This study analyses linguistic insecurity as it manifests across twelve mathematics lessons filmed and recorded in Lebanese private and public secondary schools. Drawing on a corpus of transcribed and annotated turns, categorised by code-switching type — micro-, meso- and macro-alternation — and their associated language functions, we show that the structural coexistence of Lebanese Arabic and French in the mathematics classroom generates forms of linguistic insecurity among both learners and, to a lesser degree, teachers. While the quantitative distribution of alternations is strikingly consistent across lessons — mixed discourse dominating at 62–75% of turns, and mathematics-specific code-switching (AC-MATH) at 48–62% — significant qualitative variation is observed between school types, mathematical content, and speaker sociolinguistic profiles.